Par Piquaflor
Bien sur, il est toujours préférable de commencer par le livre avant de voir le film qu’il a inspiré. Cependant il peut arriver qu’un ouvrage doive sa redécouverte grâce au film, surtout si il est interprété par des comédiens qui en ont fait un oeuvre « culte ».
Ainsi, LA TR
AVERSEE DE PARIS, publiée en 1947 par Marcel Aymé dans son recueil de nouvelles LE VIN DE PARIS est-il connu avant tout par le film dans lequel Gabin et Bourvil s’en donnent à coeur joie, avec l’apparition d’un comédien qui ne passe pas inaperçu, Louis de Funès.
Outre le bonheur de retrouver des dialogues repris mot pour mot dans le film, on ne peut qu’admirer la prose de Marcel Aymé, toute emprunte d’un scepticisme souvent cruel, surtout quand il narre ces épisodes de la période de l’occupation, qui le confortent dans son pessimisme face au quotidien. Bien sur, les visages de Gabin et Bourvil reviennent à chaque instant mais on a la surprise de découvrir que la nouvelle est beaucoup plus noire que le film. Pour vous remettre de cette ambiance assez sordide, n’hésitez pas à relire un autre recueil de nouvelles de Marcel Aymé, LE PASSE-MURAILLE, plus connu sans doute, mais connaissez-vous LES CARTES DE VIE et LA LEGENDE POLDEVE, par exemple, petits trésors d’humour cruel là encore ?
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Quand je parle à des amis de ce livre de l’auteur brésilien Jorge Amado, DONA FLOR ET SES DEUX MARIS , les mieux informés font le plus souvent référence au film qu’il a inspiré, avec la présence lumineuse de l’actrice Sonia Braga, entourée d’autres comédiens brésiliens aussi talentueux. Cet ouvrage, difficile à trouver en traduction française, va être réédité en poche (chez « J’ai lu ») début juin. Cette oeuvre est jubilatoire et restitue ce Brésil des années 60 où cohabitent tant bien que mal, la petite bourgeoisie un peu ridicule de Salvador de Bahia et le reste de la population décrite de façon affectueuse, domestiques, noceurs ? Je vous laisse ce bonheur de découvrir l’histoire de Dona Flor et peut-être aussi le talent de l’ami Jorge qui aimait tant la France, où il vécut de nombreuses années en exil.
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Pour terminer, un livre qui n’a pas encore fait l’objet d’un film.
Couronné par de nombreux prix dont le Médicis Etranger en 2010, SUKKUWAN ISLAND , de David Vann , aux éditions Gallmeister . Un homme qui a pratiquement tout raté dans sa vie part avec son fils de 13 ans dans une ile du sud de l’Alaska, pour faire le point et tenter de repartir du bon pied. Graduellement, une angoisse s’installe et ? je n’en dirai pas plus
L’auteur a mis dix ans à écrire ce long récit et il semble que des épisodes de sa vie l’aient fortement inspiré. Prenant, irritant parfois tant le « héros » semble « nul », un ouvrage que l’on ne peut oublier ? si on a le courage de poursuivre la lecture d’une histoire si déprimante jusqu’au bout. Certains amis, adeptes du « happy end » n’y sont pas parvenus.